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Les AMAP plus que jamais solidaires des agriculteurs

Les AMAP plus que jamais solidaires des agriculteurs

Les AMAP plus que jamais solidaires des agriculteurs

La période de confinement n'empêche pas les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP) de poursuivre leurs distributions de légumes et de denrées bio. Elles les ont adaptées aux règles de distanciation sociale. Ce modèle et d'autres inspire de plus en plus de personnes à s'approvisionner en local.

Agriculteur dans un champ
Pierre Meunié - CdA La Rochelle

Dans ce jardin de Lagord, des cageots de légumes bien espacés les uns des autres sont étiquetés par ordre alphabétique aux prénoms des adhérents de l'AMAP. A l'extérieur, une ou deux personnes attendent à distance leur tour pour pénétrer dans le jardin et récupérer leurs légumes bio. Il n'a pas fallu plus d'une semaine de confinement pour que l'AMAP des Deux Mains, comme les autres dans l'agglomération, adapte son activité aux contraintes du moment. "Les salles municipales sont fermées, dont celle qui abrite d'ordinaire nos distributions du jeudi." indique Patricia Demarquilly, membre active de cette AMAP lagordaise. "Nous avons réfléchi à une autre façon de faire. Chaque semaine, deux bénévoles gantés et masqués se chargent à l'arrivée du maraîcher d'installer les cageots, d'y ajouter les œufs et fromages de chèvre qui font aussi partie de cette distribution. Pour la viande, nos producteurs font du drive à l'arrière de leurs camions. Ils ont déjà les commandes prêtes. Comme ça, nous continuons à fonctionner sans pénaliser ni nos producteurs, ni nos adhérents".

Solidaires dans la pénurie comme dans l'abondance

Au regard de la douzaine d'Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne que compte le territoire, l'engagement est en effet réciproque. Les agriculteurs bio ont à fournir régulièrement les AMAP tandis que leurs adhérents acceptent de payer à l'avance leurs denrées, entre autres services. "Nous sommes solidaires des agriculteurs toute l'année, dans la pénurie comme dans l'abondance. Il peut y avoir des difficultés de production, des aléas climatiques, nous versons la même somme chaque mois et nous acceptons que nos paniers soient parfois moins garnis, ils le seront davantage par des temps meilleurs", décrit Danielle Marion qui a créé l'an dernier une nouvelle AMAP à Laleu, à La Rochelle, après avoir participé durant 15 ans à celle de Villeneuve-les-Salines. "Nous avons connu d'autres crises. L'année de Xynthia, par exemple, notre maraîcher a vu toutes ses serres détruites, les Amapiens sont allés l'aider à les reconstruire". Plantation de haies, coup de mains divers, les Amapiens cultivent l'entraide avec leurs fournisseurs bio.

Quelques paniers supplémentaires

Cette solidarité s'exerce aussi, bien-sûr, par temps confiné. "Au début, notre producteur s'est trouvé privé de marché et il a craint qu'il lui reste des légumes sur les bras", rapporte Alexis Denis, de l'AMAP de Dompierre-sur-Mer. "Nous avions du coup ajouté des commandes de paniers pour quatre ou cinq nouvelles personnes." Solidarité avec le voisinage que d'autres AMAP de l'Agglo ont aussi adoptée, faisant profiter de leur distribution quelques non-amapiens de leurs quartiers. Mais ceci n'a pas duré très longtemps. "Nous sommes actuellement en saison creuse pour les légumes, à cheval entre ceux de l'hiver et les petits nouveaux qui sont en train de pousser. Nos producteurs ne peuvent guère fournir davantage que leur engagement initial", observe Alexis.

Demande croissante pour du local

Cette sorte de césure a même conduit une AMAP comme celle de Marsilly à interrompre pour un mois sa distribution de légumes à la demande de son partenaire maraîcher, Ie même qui fournit pour partie l'AMAP des Deux Mains à Dompierre. "Globalement, nos divers producteurs sont plutôt débordés en ce moment. Je ne sais pas si le confinement y est pour quelque chose, mais il y a une demande croissante pour l'alimentation en local et en bio. Nous mêmes, les AMAP, sommes fortement sollicités ces temps-ci. Nous avons des gens sur liste d'attente", affirme la dompierroise Odette Tel. "On a plus de mal par contre à trouver des gens prêts à s'engager bénévolement pour faire tourner ce type d'associations".

Le modèle des AMAP ne convient pas à toutes les attentes et d'autres modes de distribution cohabitent, comme les paniers-relais, les magasins de producteurs. " Tout ça, c'est très bien, du moment que cela encourage la production locale et de préférence bio", déclare Patricia Demarquilly, ajoutant "les AMAP ont ce petit "plus" de créer du lien social, de la convivialité". Même en période de confinement !

Contact pour + d'infos :

Inter Amap de l'Aunis : interamap.aunis@gmail.com

Pierre Meunié - CdA La Rochelle

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