Energie éolienne

Engagée à faire baisser la part de consommation des énergies fossiles, l’Agglo de La Rochelle encourage le développement des énergies renouvelables sur son territoire, dont celle qui provient du vent. Cela ne signifie pas d’accepter n’importe quelle installation éolienne. La collectivité entend favoriser des projets qualitatifs dans lesquels les citoyens puissent s’impliquer. Quelques éléments pour comprendre.

La technique

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L’éolien, c’est l’énergie que l’on tire du vent, comme le faisaient nos moulins autrefois. Aujourd’hui, les machines qui convertissent cette énergie en courant électrique sont autrement plus productives.

Actionnées par le vent, les pâles fixées sur l’axe entraînent une génératrice électrique installée dans la nacelle. Le courant produit est ensuite transporté par câble souterrain jusqu’au poste de livraison.

L’emprise au sol d’un mât d’éolienne est d’environ 100 m². Il repose sur 300 m² de fondations (enterrées) en béton et sa hauteur varie de 100 à 150 m. La partie mobile (le rotor) est composée de 3 pales dont la longueur peut atteindre 70 m : une éolienne peut ainsi faire jusqu’à 200 m de haut aujourd’hui.

La durée de vie d’un parc éolien varie entre 20 et 30 ans, l’exploitant du parc est responsable de son démantèlement et il doit prévoir un dépôt de garantie à cet effet.

Quel impact ?

Santé, biodiversité, environnement sonore, climat, paysage, immobilier : l’implantation d’éoliennes soulève beaucoup de questions.

Voici quelques réponses quant aux impacts de ces machines :

Le bruit des pales en mouvement au pied d’une éolienne se situe à 55 décibels, il diminue à 35 dB à 500 mètres du mât (limite légale des premières habitations) soit le niveau d’une conversation à voix basse. Un lave-vaisselle silencieux classé A+ sera lui aux alentours de 40db. Le zéro dB n’existe pas, même dans un espace particulièrement silencieux, le volume sonore oscille entre 15 et 20 dB.

Dans sa propre charte éolienne adoptée en 2018, la Communauté d’Agglomération préconise une distance minimum d’implantation à 650 mètres des premiers groupes d’habitations, davantage que les 500 m imposés par la réglementation française.

Une étude réalisée pour le compte de l’ADEME en 2015 (menée selon une méthodologie définie par la norme internationale ISO) s’est penchée sur l’Analyse du cycle de vie de la production d’électricité d’origine éolienne en France. Les résultats montrent la pertinence technique de ces installations :

  • Au bout d’un an, une éolienne a produit autant d’énergie que celle qui sera nécessaire à son cycle de vie (construction, installation, exploitation et démantèlement) ;
  • Toujours en considérant le cycle de vie complet de la machine, chaque kWh d’électricité produit par une éolienne s’accompagne de l’émission de 12,7 g.eq.CO2. C’est l’illustration qu’aucune énergie n’est neutre pour l’environnement, mais le résultat s’avère meilleur que pour l’énergie nucléaire (16 g.eq.CO2/kWh) et bien loin de la moyenne du kWh électrique produit en France (57 g.eq.CO2 en 2018, source : RTE).

On peut ajouter à ça que les modèles météorologiques permettent désormais de prédire avec une grande précision et plusieurs jours à l’avance la production des parcs éoliens. C’est un atout pour pouvoir gérer au mieux l’équilibre du réseau électrique, l’énergie éolienne se substituant en priorité aux kWh les plus coûteux à produire, c’est-à-dire ceux fournis par les centrales thermiques.

Le spectre sonore des éoliennes se compose pour partie d’infrasons, c’est à dire des sons dont la fréquence est trop basse pour que l’oreille humaine puisse les percevoir. Ils peuvent toutefois être ressentis comme des vibrations si on y est exposé à des niveaux très élevés, et certains riverains de parcs éoliens estiment ressentir ces effets négatifs.

Une étude menée en 2017 par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) conclut à l’absence d’impact sanitaire des infrasons sur l’homme.

Comme toute installation humaine, les éoliennes peuvent perturber la faune et la flore locales. D’où l’importance des études d’impact qui doivent être réalisées pour chaque implantation.

Sur la flore, la faible emprise au sol des machines limite cet impact comparé aux autres équipements de production d’énergie.

Concernant les oiseaux, la plupart modifient leur trajectoire à la vue d’éoliennes et les études ornithologiques montrent que la surmortalité liée à ces installations est relativement faible par rapport à d’autres infrastructures comme les lignes à haute-tension, ou surtout les véhicules et les surfaces vitrées.

La réponse ici fait souvent appel à la subjectivité de chacun. Certains ne trouvent pas les éoliennes désagréables à l’œil et les préfèrent même à bien d’autres équipements humains tels que hangars de zones commerciales ou lignes à haute tension. D’autres, sans les trouver particulièrement esthétiques, s’accommodent bien des éoliennes en raison du service rendu, les jugeant indispensables à nos besoins futurs en électricité. D’autres enfin les rejettent, estimant qu’elles déprécient leur environnement.

Si les appréciations peuvent être personnelles, l’intégration paysagère d’un projet éolien est une dimension que la Communauté d’Agglomération de La Rochelle souhaite voir prise en compte. C’est le sens du guide de l’éolien qu’elle est en train de rédiger.

L’effet dépréciateur des éoliennes sur la valeur d’un bien immobilier est une crainte partagée par beaucoup. Là aussi, le sujet relève d’une part de subjectivité. Certains jugent les éoliennes indésirables, d’autres ne sont guère gênés par leur présence et cela pèse très peu dans leurs critères d’achat, comparés à d’autres critères tels que le prix, la surface, la proximité d’une école, d’un arrêt de bus...

Selon une enquête menée par Harris Interactive* en France en novembre 2020, 76% des Français ont une perception positive des parcs éoliens. Parmi les riverains (ceux habitant à moins de 5km des parcs), le constat est le même. Cette perception positive suggère donc un faible impact de l’éolien sur la valeur de l’immobilier, loin de la soi-disant dévaluation de - 20% à - 50% que l’on entend mentionner ici ou là. D’autres études françaises et étrangères (Danemark, Etats-Unis, Belgique) tendent aux mêmes conclusions.

La question sur la dévaluation des biens immobiliers se faisant de plus en plus prégnante, l’ADEME mène actuellement sa propre étude sur le sujet. Les résultats seront disponibles en 2022.

* Harris Interactive, « Comment les français et les riverains de parcs éoliens perçoivent-ils l’énergie éolienne ? Vague 2 », novembre 2020

Qui fait quoi pour l’éolien ?

La Communauté d’Agglomération n’est pas décisionnaire en matière de développement de l’éolien sur le territoire. C’est l’Etat qui instruit et autorise les installations soumises par des opérateurs privés. La collectivité est néanmoins appelée à émettre un avis sur les projets qui se développent sur son territoire ou à proximité. Elle peut également développer sa propre stratégie à travers ses documents de programmation, comme le Plan Climat Air Energie Territorial.

Même si rien n’empêche un établissement public comme une Communauté d’Agglomération de se lancer directement dans la production d’énergie éolienne, les projets en France sont majoritairement portés par des entreprises privées.

Les sites d’implantation des parcs éoliens relèvent aussi d’ententes privées. Un développeur s’adresse à un propriétaire de terrain, souvent un agriculteur puisque les parcs sont prévus hors des zones urbanisées. La loi impose que les deux partis contractent un bail couvrant la durée d’exploitation des machines, soit 20 à 30 ans.

Chaque projet de parc éolien, qu’il soit petit ou grand, est soumis à l’évaluation environnementale de la DREAL et doit fournir une étude d’impact environnemental sur laquelle celle-ci s’appuie pour faire son évaluation.

Une enquête publique est ensuite ouverte, permettant aux citoyens de consulter le projet et d’émettre leur avis. La Communauté d’Agglomération peut aussi s’exprimer dans le cadre de ces avis consultatifs.

A l’issue de l’enquête publique, c’est la préfecture qui délivre ou non une autorisation d’exploiter.   

3 projets éoliens localisés pour tout ou partie sur le territoire de l’agglomération sont actuellement en cours d’instruction par les services de l’Etat :

  • Le projet « Nord N11 » porté par la société Eolise prévoit l’implantation de 5 machines (dont 2 sur l’agglomération) entre Vérines et Angliers
  • Eolise a également déposé une demande pour le projet « L’Aubertière » et ses 4 éoliennes sur un secteur à cheval entre Sainte-Soulle et Saint-Médard d’Aunis ;
  • La société Engie Green a quant à elle prévu d’implanter 4 éoliennes à l’Est de la commune de Saint-Médard.

S’ils sont jugés conformes à la réglementation, chacun fera l’objet d’une enquête publique qui s’ouvrira d’ici quelques mois.

D’autres projets sont en cours de développement sur l’agglomération. Les opérateurs finalisent leurs études préalables mais à ce stade ils n’ont figé ni le nombre d’éoliennes, ni leurs caractéristiques ni leur positionnement définitif :

  • Eolise poursuit ses travaux sur 2 autres parcs : l’un entre Vérines et Sainte-Soulle, le second sur La Jarrie, Saint-Christophe et Aigrefeuille. Les dossiers devraient être déposés à l’été 2021.
  • Plus au Sud, c’est l’entreprise Energie Team qui travaille sur un secteur englobant Saint-Vivien, Salles-sur-Mer et Croix-Chapeau. L’échéance est un peu plus lointaine et pourrait intervenir à l’horizon 2022/2023.

Les leviers de l’Agglomération

Une charte

Le 29 mars 2018, l’Agglomération a adopté une 1ère charte éolienne forte de 14 mesures qu’elle soumet aux développeurs éoliens sur le territoire. Elles concernent :

  • l’information des élus et des citoyens à chaque stade d’avancée des projets ;
  • une distance minimum de 650 mètres entre les éoliennes et les premiers groupes d’habitations ;
  • le recours le plus souvent possible à des entreprises locales lors des phases d’étude et réalisation du projet et l’intégration d’une part de financement participatif dans son montage économique.

Un guide paysager éolien

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Pour aller plus loin, un nouveau document est en cours de rédaction. Il trouvera place dans le futur Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET), qui doit être présenté au Conseil Communautaire à l’été 2022.

Le guide prendra la forme d’un référentiel précis, une série de critères visant l’intégration des éoliennes dans leur environnement comme la protection de sites à enjeux (exemple de critère : éviter les interférences visuelles entre un mât éolien et un bâtiment patrimonial de type clocher d’église classée).

Concertation : pour établir ces critères paysagers et en même temps trouver une voie pour le développement de cette énergie renouvelable, des ateliers sont prévus au printemps 2021 avec les élus des communes du territoire. Ce référentiel paysager éolien fera également l’objet d’échanges avec les associations qui s’intéressent à ce sujet.

A l’issue de ces phases de concertation, le référentiel sera intégré au PCAET de l’Agglomération. Il sera également traduit concrètement dans son Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUi) et enfin discuté avec les Communautés de Communes Aunis Atlantique et de la Plaine d’Aunis dans le cadre du SCoT, le Schéma de Cohérence Territorial, document de planification qui épouse le territoire des 3 collectivités.

Le Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)

En 2015, l’Agglo de La Rochelle s’était engagée - conformément à la loi de transition énergétique et croissance verte - dans un volet d’actions composant son PCET : Plan Climat Energie Territorial. En 2019, le gouvernement a ajouté de nouvelles exigences sur la qualité de l’air et fait évoluer ce type de planification vers le PCAET (Plan Climat Air Energie Territorial).

L’Agglo est donc en phase d’actualisation de son précédent plan, travail qui devrait être achevé d’ici l’automne 2021 et présenté aux élus communautaires, chargés de l’adopter.

Celui-ci, comme le précédent, établit des orientations et actions à mettre en œuvre dans la maitrise des consommations d’énergie, le développement des renouvelables, des actions impactant l’habitat, la mobilité et d’autres domaines.

C’est dans le cadre de ce PCAET que la collectivité établit ses objectifs de baisse de consommation et de développement d’un mix d’énergies renouvelables (éolien mais aussi photovoltaïque, méthanisation et autres techniques productrices d’électricité verte).

Cit’ergie

L’Europe, à travers l’ADEME (agence de la transition écologique), encourage le déploiement de ce type de stratégies locales à travers son label Cit’ergie. Plus une collectivité avance dans la réalisation de ses actions climat-énergie et plus elle « grimpe » parmi les lauréats du label, jusqu’à obtenir le statut de Cit’ergie Gold lorsqu’elle a dépassé les 75% de réalisation des actions listées dans son PCAET. Déjà détentrice du label Cit’ergie depuis 2019, l’Agglo a pour objectif d’atteindre le niveau « Gold » en 2022.

Acheter de l’électricité verte

Si tout le monde ne peut installer des panneaux photovoltaïques sur son toit, il existe une méthode plus accessible pour encourager les énergies renouvelables. On peut en effet souscrire à une des offres d’électricité verte qualifiées de « premium » par l’ADEME : contrairement aux offres vertes « classiques » qui se contentent d’adosser des certificats de Garantie d’origine à de l’électricité qui n’est généralement pas renouvelable, le fournisseur s’engage dans ce cas à s’approvisionner en électricité d’origine renouvelable à partir de ses propres sites ou à en acheter directement auprès de producteurs locaux. Les meilleures conditions de rémunération dont ils bénéficient leur permettent de pérenniser leurs installations et d’en développer de nouvelles.

A ce jour, seulement 4 fournisseurs proposent ce type d’offre : Enercoop, Ilek, Energie d’ici et EkWateur.