Territoire zéro carbone

Et si La Rochelle devenait le premier territoire littoral urbain français à obtenir un bilan « zéro carbone » ? Un projet ambitieux qui nécessite la mobilisation de tous.

Territoire zéro carbone

Et si nous devenions le premier territoire littoral urbain français à obtenir un bilan « zéro carbone » ? C’est en tout cas l’ambitieux projet du consortium rochelais (Communauté d’Agglomération, Ville de La Rochelle, Université, Altantech, Port Atlantique) qui a été retenu en janvier 2018 dans le cadre de l’appel à projet national « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » (TIGA). Une procédure destinée à accompagner des projets innovants de transformation, associant sur le long terme tous les acteurs publics, privés et les citoyens. L’écosystème local est fortement mobilisé autour de ce projet.

Moins d’émissions, plus d’absorption

Le projet rochelais vise à la fois à diminuer la production de CO2 (grâce à la mobilité durable, aux énergies renouvelables, à la rénovation des bâtiments, à la valorisation des déchets et circuits locaux de recyclage, à l’accompagnement aux changements d’usage) et à mieux absorber le carbone en circulation dans l’atmosphère grâce à ce que l’on appelle les « puits de carbone ». Ils peuvent être artificiels (colonnes de phytoplancton) ou naturels (forêts, sols, océans).

Un projet d’intérêt national

Le 5 janvier 2018, La Rochelle a été sélectionnée par le Secrétariat Général à l’Investissement dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt « Territoires d’innovation de grande ambition » (TIGA).

Doté de 450 millions d’€ sur 10 ans, cet AMI est géré par la Caisse des Dépôts. Son ambition est d’accompagner 10 projets de territoires, d’intérêt national, qui innovent dans le domaine de l’excellence environnementale, les initiatives publiques et les ressources académiques, scientifiques, économiques et industrielles.

La Communauté d’Agglomération de la Rochelle, associée à la Ville, l’Université, Atlantech et Port Atlantique La Rochelle a proposé la candidature du territoire sous l’intitulé « La Rochelle 1er territoire littoral zéro carbone ».

Inscrite dans l’ADN du territoire, cette candidature porte sur des enjeux majeurs pour répondre aux questions climatiques urgentes comme la relation entre le carbone et l’océan, les mobilités durables, les énergies renouvelables, la rénovation du bâti public et privé pour l’efficience énergétique et l’écologie industrielle.

24 territoires ont été retenus par la Caisse des Dépôts en janvier dernier. La Rochelle bénéficie de 400 000 € pour approfondir son projet en 2018. Une 2ème sélection aura lieu début 2019 à l’issue de laquelle 10 lauréats seront définitivement choisis et se partageront une enveloppe globale de 450 millions d’€ sur 10 ans.

Cette démarche collaborative inédite permet non seulement de fédérer de nombreux acteurs au niveau local et de mettre en relation des initiatives, publiques et privées, mais aussi d’en imaginer de nouvelles.

Ambitieux, ce projet rochelais nécessite la mobilisation de tous. Qu’il soit définitivement retenu ou non, les acteurs fédérés dans la démarche continueront à travailler ensemble pour mener à bien la transition du territoire vers le « zéro carbone ». C’est un véritable accélérateur de projets.

L’ambition du territoire

En retravaillant la relation terre/océan, La Rochelle affirme son ambition de devenir le 1er territoire littoral français à obtenir un bilan « zéro carbone ». Et de faire de ce positionnement unique le fer de lance d’un programme ambitieux de développement humain et urbain.

Composé de 28 communes, plus de 167 000 habitants, 12 200 entreprises et 70 kms de bande littorale, le territoire de l’agglomération est façonné par l’interaction terre/océan. Le littoral contribue largement à son attractivité touristique et abrite une filière nautique dynamique et des activités liées aux produits de la mer (conchyliculture et pêche). Il offre aux habitants une qualité de vie élevée, mais génère des risques et contraintes spécifiques : tension foncière, difficultés en matière de mobilité en raison de l’installation de nombreux actifs en 3ème couronne et du tourisme en haute saison, risques climatiques…

Dans ce contexte, une politique de compensation carbone est apparue comme la voie à privilégier pour mesurer puis limiter l’impact de l’homme sur l’environnement et préserver la qualité de vie qui attire actifs, touristes et retraités sur le territoire. Le consortium rochelais ambitionne de réduire de 50% son empreinte carbone d’ici 2030 et d’aboutir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, devenant ainsi le premier territoire urbain littoral français à afficher un bilan « zéro carbone ».

Les zones pilotes

Afin de parvenir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, des réponses technologiques, sociologiques, organisationnelles, économiques et politiques doivent être mises en œuvre de façon combinée et coordonnée.

5 leviers

  • Carbone bleu : préservation littoral et aires marines
  • Efficacité bâti et réseaux
  • Autoconsommation d’énergies multi-usages
  • Mobilité douce et autonome en mode MAAS (Mobility as a Service)
  • Ecologie industrielle

Le projet démarrera en investissant sur des zones pilotes, avec l’ambition de mesurer sur ces lieux les effets de l’approche « zéro carbone » développée.

7 zones prioritaires

Alexandre Derive, directeur de l’éco-réseau des entreprises de l’Agglomération rochelaise « Biotop » (ZI de Périgny)

« Nous participons à la démarche sur le volet "écologie industrielle et territoriale". Nous apportons notre savoir-faire en matière de collecte et de valorisation des déchets recyclables issus des activités professionnelles, et notre capacité d’innovation dans ce domaine. Cet appel à projets crée une émulation et décloisonne les projets des acteurs locaux autour de problématiques liées au développement durable. Il y a un effet fédérateur ».

Florian Battezzati, directeur technique de la plateforme technologique Tipee (Parc Atlantech)

« Nous portons le volet "Bâtiment Durable" qui regroupe les enjeux liés à l’efficacité énergétique, à l’impact environnemental des bâtiments, et plus globalement au confort des usagers. Cet appel à projet est un accélérateur pour réunir les acteurs, avancer sur les techniques et méthodologies innovantes de construction grâce à la recherche et développement, et les mettre en œuvre sur le territoire ».

Les objectifs

  • Accompagner, susciter l’implication citoyenne.
  • Développer des mesures d’adaptation au changement climatique cohérentes et intégrées pour préserver les aires marines et littorales et limiter les risques de submersion et d’érosion.
  • Structurer une offre pérenne de gestion énergétique intégrée, basée sur l’autoconsommation d’énergies renouvelables au niveau du territoire.
  • Développer une offre de mobilité de bout en bout (Mobility as a Service).
  • Repenser le rôle des ports et des acteurs industriels comme acteurs clé de l’économie circulaire.
  • Produire, collecter et exploiter de manière pertinente et raisonnée les données du territoire et accompagner l’ouverture des données de l’ensemble des producteurs (entreprises, acteurs publics…).