Territoire zéro carbone

Et si La Rochelle devenait le premier territoire littoral urbain français à obtenir un bilan « zéro carbone » ? Un projet ambitieux qui nécessite la mobilisation de tous.

Territoire zéro carbone

Et si nous devenions le premier territoire littoral urbain français à obtenir un bilan « zéro carbone » ? C’est en tout cas l’ambitieux projet du consortium rochelais (Communauté d’Agglomération, Ville de La Rochelle, Université, Altantech, Port Atlantique) qui a été retenu en janvier 2018 dans le cadre de l’appel à projet national « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » (TIGA). Une procédure destinée à accompagner des projets innovants de transformation, associant sur le long terme tous les acteurs publics, privés et les citoyens. L’écosystème local est fortement mobilisé autour de ce projet.

Moins d’émissions, plus d’absorption

Le projet rochelais vise à la fois à diminuer la production de CO2 (grâce à la mobilité durable, aux énergies renouvelables, à la rénovation des bâtiments, à la valorisation des déchets et circuits locaux de recyclage, à l’accompagnement aux changements d’usage) et à mieux absorber le carbone en circulation dans l’atmosphère grâce à ce que l’on appelle les « puits de carbone ». Ils peuvent être artificiels (colonnes de phytoplancton) ou naturels (forêts, sols, océans).

L’ambition du territoire

En retravaillant la relation terre/océan, La Rochelle affirme son ambition de devenir un territoire littoral leader de la démarche « zéro carbone ». Ce positionnement unique constitue le fer de lance d’un programme ambitieux de développement humain et urbain.

Composé de 28 communes, plus de 167 000 habitants, 12 200 entreprises et 70 kms de bande littorale, le territoire de l’agglomération est façonné par l’interaction terre/océan. Le littoral contribue largement à son attractivité touristique et abrite une filière nautique dynamique et des activités liées aux produits de la mer (conchyliculture et pêche). Il offre aux habitants une qualité de vie élevée, mais génère des risques et contraintes spécifiques : tension foncière, difficultés en matière de mobilité en raison de l’installation de nombreux actifs en 3ème couronne et du tourisme en haute saison, risques climatiques…

Dans ce contexte, une politique de compensation carbone est apparue comme la voie à privilégier pour mesurer puis limiter l’impact de l’homme sur l’environnement et préserver la qualité de vie qui attire actifs, touristes et retraités sur le territoire. Le consortium rochelais ambitionne de réduire de 50 % l’empreinte carbone du territoire d’ici 2030 et d’aboutir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, pour proposer un modèle vertueux et réplicable sur d’autres territoires. Ce projet positionnera l’Agglo de La Rochelle en chef de file de la démarche bas-carbone à l’échelle nationale et internationale.

Graphique illustrant l'empreinte carbone du territoire

La participation est le moteur de ce projet à la fois ouvert et dynamique. Les actions et l’engagement de tous (acteurs locaux, citoyens, associations, entreprises...) sont essentiels pour atteindre l’objectif d’un bilan zéro carbone.

Le projet « La Rochelle : territoire zéro carbone » va se déployer dans un 1er temps à travers 8 programmes d’actions et 7 zones d’expérimentation. Ces actions et ces lieux ont été identifiés en concertation avec un consortium d’acteurs publics et de partenaires privés et seront enrichis grâce à l’implication de nouveau acteurs.

Les objectifs et les zones pilotes

Afin de parvenir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, des réponses technologiques, sociologiques, organisationnelles, économiques et politiques doivent être mises en œuvre de façon combinée et coordonnée.

5 leviers ont été identifiés : carbone bleu (préservation littoral et aires marines), efficacité bâti et réseaux, autoconsommation d’énergies multi-usages, mobilité douce et autonome en mode MAAS (Mobility as a Service) et écologie industrielle.

Une 1ère liste d’actions a été co-construite avec les premiers partenaires :

  • Accompagner, susciter la participation de l’ensemble des acteurs, citoyens et entreprises mais aussi associations et collectifs ou encore établissements publics pour que tous agissent à leur niveau.
  • Développer des mesures d’adaptation au changement climatique cohérentes et intégrées pour préserver les aires marines et littorales et limiter les risques de submersion et d’érosion.
  • Structurer une offre pérenne de gestion énergétique intégrée, basée sur la production et la consommation d’énergies renouvelables relocalisées au niveau du territoire.
  • Développer une offre de mobilité de bout en bout (Mobility as a Service).
  • Repenser le rôle des ports et des acteurs industriels comme acteurs clé de l’économie circulaire en stimulant l’innovation pour qu’ils réduisent leurs émissions.
  • Produire, collecter et exploiter de manière pertinente et raisonnée les données du territoire et accompagner l’ouverture des données de l’ensemble des producteurs (entreprises, acteurs publics…).

Cette liste a vocation à s’enrichir d’autre projets, notamment des actions imaginées et portées par les acteurs privés.

7 zones prioritaires

Le projet démarrera en investissant sur des zones pilotes, avec l’ambition d'y mesurer les effets de l’approche « zéro carbone » développée.

Les 7 zones d’expérimentation

Alexandre Derive, directeur de l’éco-réseau des entreprises de l’Agglomération rochelaise « Biotop » (ZI de Périgny)

« Nous participons à la démarche sur le volet "écologie industrielle et territoriale". Nous apportons notre savoir-faire en matière de collecte et de valorisation des déchets recyclables issus des activités professionnelles, et notre capacité d’innovation dans ce domaine. Cet appel à projets crée une émulation et décloisonne les projets des acteurs locaux autour de problématiques liées au développement durable. Il y a un effet fédérateur ».

Florian Battezzati, directeur technique de la plateforme technologique Tipee (Parc Atlantech)

« Nous portons le volet "Bâtiment Durable" qui regroupe les enjeux liés à l’efficacité énergétique, à l’impact environnemental des bâtiments, et plus globalement au confort des usagers. Cet appel à projet est un accélérateur pour réunir les acteurs, avancer sur les techniques et méthodologies innovantes de construction grâce à la recherche et développement, et les mettre en œuvre sur le territoire ».

La participation

L’objectif du zéro carbone n’est pas seulement de changer la technologie mais de faire évoluer nos modes de vie et nos habitudes pour apprendre à mieux respecter notre écosystème. Opérer une transition neutre en émission, c’est apprendre à modifier nos comportements individuels et collectifs.

La transition vers la neutralité carbone doit concerner tout le monde, les citoyens mais également le secteur économique et les acteurs publics. Elle nécessite la participation de tous.

Il existe une demande croissante des citoyens de participation à la décision publique et à l'élaboration des projets urbains. La méthode qui fait la particularité du projet « La Rochelle territoire zéro carbone » consiste à associer un maximum d’acteurs du territoire pour que tous puissent contribuer, à leur façon et à leur échelle, à la transition.

La participation n’est pas un programme clé en main : c'est un projet à co-construire à partir d'une nouvelle méthode de gouvernance. Nous devons accompagner le changement vers des pratiques personnelles, professionnelles et collectives plus durables.

FORUM PARTICIPATIF DU 10 NOVEMBRE 2018

Des acteurs engagés dans la transition écologique, énergétique, économique et solidaire sur le territoire rochelais ont pu partager leurs idées et expériences à l'occasion du Forum participatif organisé le 10 novembre 2018 à Lab’In Tech (Parc Bas Carbone Atlantech à Lagord).
Les associations, entreprises, collectifs, institutions, particuliers... présents ont notamment identifié les actions mises en place ces dernières années pour rendre le territoire plus durable. 

Voici la restitution de ces échanges sous forme de Timeline (ligne de temps).

Photo du Forum participatif du 10 novembre 2018
Timeline 1989-2018

La neutralité carbone

Pour construire un territoire exemplaire et résilient, le consortium qui anime le projet "La Rochelle territoire zéro carbone" poursuit une politique innovante et volontariste autour des enjeux environnementaux.

L'ambition ? Opérer une transition vers la neutralité carbone.

La méthode ? Favoriser la participation de tous.

LES EMISSIONS DE CO2 : MARQUEUR DE LA TRANSITION

Les changements climatiques sont dus à une augmentation sans précédent des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. Ces gaz sont majoritairement émis par les activités humaines : ce sont nos propres actions qui menacent notre écosystème. Notre empreinte carbone est trop lourde, c'est à dire que nos émissions dépassent les capacités de régénération de la planète.

Sur l'agglomération rochelaise, 2 millions de tonnes d'équivalent CO2 sont émises chaque année. Les émissions sont liées pour 43 % au transport (marchandises, déplacements), 27 % à la production de biens matériels et produits alimentaires et 17 % au bâtiment (autres émissions : 13 %).  

Ces émissions peuvent devenir un indicateur de la transition : plus elles sont élevées, plus le territoire est menacé, plus elles sont faibles et plus la résilience du territoire est grande.

En cherchant à réduire les émissions de GES, on contribue à limiter les dérèglements climatiques mais surtout à maintenir une qualité et un cadre de vie attractifs. Idéalement, il ne faudrait pas émettre plus que ce que la planète peut absorber pour avoir un impact « neutre ».

OBJECTIF ZERO CARBONE

La neutralité carbone est un processus de TRANSITION qui implique une atténuation des changements climatiques à travers 2 types d'actions :

  • Diminuer les émissions de CO2 à la source
  • Protéger et développer les puits de carbone capables de stocker le CO2

Mais opérer une transition écologique implique également de changer nos comportements.

L’agrégateur carbone

Qu’est-ce que l’agrégateur ? C’est un dispositif technique et financier destiné à développer les projets en faveur de la neutralité carbone. Son principe : créer un outil coopératif permettant l’émission et la vente de crédits carbone à l’échelle territoriale et donc réunir porteurs de projets et acheteurs pour donner de la force à leur engagement. Son fonctionnement viendra s’adosser à la plateforme de données. Il permettra de comptabiliser le poids de chacune des actions dans le bilan carbone du territoire et de mettre en place un système de compensation performant.

Un projet d’intérêt national

Notre territoire a très tôt compris et intégré à ses actions les grands enjeux environnementaux et la lutte contre le changement climatique. En candidatant à l’appel à projet national « Territoires d'innovation », l’Agglo s’engage dans une démarche zéro carbone ambitieuse.

Le bus de mer Yélo H2

L'objectif de cet appel à projets est « d'identifier, de sélectionner et d'accompagner des projets portant la stratégie de transformation de territoires, de leurs acteurs publics et privés, et de leur population afin de répondre concrètement et, dans un souci de développement économique, aux enjeux des transitions énergétique et écologique, numérique, démographique et sociale ».

Piloté par la Banque des Territoires pour le compte de l'Etat, l'appel à projets « Territoires d'innovation » (Programme d'Investissements d'Avenir) est doté d'une enveloppe de 450 M€ , dont 150 M€ de subventions et jusqu'à 300 M€ de fonds propres.

La Communauté d’Agglomération de La Rochelle, associée à la Ville, l’Université, Atlantech et Port Atlantique La Rochelle va proposer la candidature du territoire sous l’intitulé « La Rochelle territoire zéro carbone ».

Inscrite dans l’ADN du territoire, cette candidature porte sur des enjeux majeurs pour répondre aux questions climatiques urgentes comme la relation entre le carbone et l’océan, les mobilités durables, les énergies renouvelables, la rénovation du bâti public et privé pour l’efficience énergétique et l’écologie industrielle.

Le 5 janvier 2018, le projet a été sélectionné par le Secrétariat Général à l’Investissement dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt « Territoires d’innovation de grande ambition » (TIGA), qui visait à financer la phase d’ingénierie des candidatures. Le projet a été lauréat et a bénéficié d’un financement de 400 000 € pour être approfondi.

Les candidatures à l'appel à projets « Territoires d'innovation » sont à déposer pour le 26 avril 2019 pour une sélection à l’automne 2019.

La méthode qui fait la particularité du projet « La Rochelle : territoire zéro carbone » est d'associer un maximum d’acteurs du territoire pour que tous puissent contribuer, à leur façon et à leur échelle, à la transition. Cette démarche collaborative inédite permet non seulement de fédérer de nombreux acteurs au niveau local et de mettre en relation des initiatives, publiques et privées, mais aussi d’en imaginer de nouvelles.

Ambitieux, ce projet rochelais nécessite la mobilisation de tous. Qu’il soit définitivement retenu ou non, les acteurs fédérés dans la démarche continueront à travailler ensemble pour mener à bien la transition du territoire vers le « zéro carbone ». C’est un véritable accélérateur de projets.