La Rochelle Territoire zéro carbone

Et si La Rochelle devenait le premier territoire littoral urbain français à obtenir un bilan « zéro carbone » ? Un projet ambitieux qui nécessite la mobilisation de tous.

La Rochelle Territoire Zéro Carbone

C’est dans cet objectif, ambitieux, que le consortium rochelais (Communauté d’Agglomération, Ville de La Rochelle, Université, Altantech, Port Atlantique) et ses 130 partenaires ont proposé, fin avril 2019, la candidature « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » dans le cadre de l’appel à projet national « Territoires d’Innovation».

Géré par la Banque des Territoires, il fait suite à l’appel à Manifestation d’Intérêt initié en 2017. 24 projets avaient été retenus en janvier 2018 sur plus de 110 candidatures.

Lauréat de cette première étape, le projet de La Rochelle a pu à ce titre bénéficier d’un appui financier de 400 000 € en ingénierie de développement de projet.

Aujourd’hui, le projet est estimé à plus de 82 millions d’€. Le consortium et ses partenaires ont sollicité l’accompagnement de l’Etat pour un montant de plus de 25 millions d’€. Plus de 32 millions d’€ seront apportés par les partenaires privés et près de 25 millions d’€ par d’autres partenaires publics dont la Région Nouvelle Aquitaine et l’ADEME Nouvelle Aquitaine.

Cette procédure initiée par l’Etat est destinée à accompagner des projets innovants de transformation, associant sur le long terme tous les acteurs publics, privés et les citoyens. 

logo territoire d'innovation

Le 13 septembre dernier, le Premier Ministre a annoncé “La Rochelle Territoire Zéro Carbone” lauréat de l’appel à projets national “Territoires d’Innovation”. Cette annonce salue la forte mobilisation des 130 partenaires publics et privés engagés dans cet ambitieux projet humain et urbain. Elle confirme également la pertinence d’une démarche qui vise à apporter des réponses concrètes au changement climatique en améliorant la qualité de vie des citoyens. Elle marque enfin un tournant majeur pour le territoire et ses habitants, qui seront les principaux acteurs des changements à venir.

La neutralité carbone

Pour construire un territoire exemplaire et résilient, le consortium qui anime le projet "La Rochelle territoire zéro carbone" poursuit une politique innovante et volontariste autour des enjeux environnementaux.

LES EMISSIONS DE CO2 : MARQUEUR DE LA TRANSITION

Les changements climatiques sont dus à une augmentation sans précédent des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. Ces gaz sont majoritairement émis par les activités humaines : ce sont nos propres actions qui menacent notre écosystème. Notre empreinte carbone est trop lourde, c'est à dire que nos émissions dépassent les capacités de régénération de la planète.

Une étude basée sur la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME montre que, sur l'agglomération rochelaise, 2 millions de tonnes d'équivalent CO2 sont émises chaque année. Les émissions sont liées pour 27 % à la mobilité (déplacement de personnes et de marchandises), 41 % aux intrants et à la consommations, 16 % aux activités (industrie, tertiaire et agriculture) et 16 % à l’habitat.

Neutralité carbone

Ces émissions peuvent devenir un indicateur de la transition : plus elles sont élevées, plus le territoire est menacé, plus elles sont faibles et plus la résilience du territoire est grande.

En cherchant à réduire les émissions de GES, on contribue à limiter les dérèglements climatiques mais surtout à maintenir une qualité et un cadre de vie attractifs. Idéalement, il ne faudrait pas émettre plus que ce que la planète peut absorber pour avoir un impact « neutre ».

OBJECTIF ZERO CARBONE

La neutralité carbone est un processus de TRANSITION qui implique une atténuation des changements climatiques à travers 2 types d'actions :

  • Diminuer les émissions de CO2 à la source
  • Protéger et développer les puits de carbone capables de stocker le CO2. Autrement dit protéger et créer des réservoirs qui grâce à la photosynthèse ont la faculté d’absorber et stocker le CO2 de l’atmosphère sous différentes formes : dans les forêts, de marais, les champs mais également de manière artificielle dans des cultures de algues.  

Mais opérer une transition écologique implique également de changer nos comportements

puit de carbone
Credit : Howard et al., 2017, Frontiers in Ecology and the Environment / a.En bon état de fonctionnement, les habitats représentent des puits de carbones./ b.La dégradation de ces habitats favorise l’émission de carbone

L’ambition du territoire

En retravaillant la relation terre/océan, La Rochelle affirme son ambition de devenir un territoire littoral leader de la démarche « zéro carbone ». Ce positionnement unique constitue le fer de lance d’un programme ambitieux de développement humain et urbain.

Composé de 28 communes, plus de 167 000 habitants, 12 200 entreprises et 70 km de bande littorale, le territoire de l’agglomération est façonné par l’interaction terre/océan. Le littoral contribue largement à son attractivité touristique et abrite une filière nautique dynamique et des activités liées aux produits de la mer (conchyliculture et pêche). Il offre aux habitants une qualité de vie élevée, mais génère des risques et contraintes spécifiques : tension foncière, difficultés en matière de mobilité en raison de l’installation de nombreux actifs en 3ème couronne et du tourisme en haute saison, risques climatiques…

Ambition

Dans ce contexte, une politique de compensation carbone est apparue comme la voie à privilégier pour mesurer puis limiter l’impact de l’homme sur l’environnement et préserver la qualité de vie qui attire actifs, touristes et retraités sur le territoire. Le consortium rochelais ambitionne de réduire de 30 % l’empreinte carbone du territoire d’ici 2030 et d’aboutir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, pour proposer un modèle vertueux et réplicable sur d’autres territoires. Le tout en conjuguant sobriété, innovation et solidarité. Ce projet positionnera l’Agglo de La Rochelle en chef de file de la démarche bas-carbone à l’échelle nationale et internationale.

Graphique illustrant l'empreinte carbone du territoire

Les objectifs et les zones pilotes

Afin de parvenir à une compensation carbone complète à l’horizon 2040, des réponses technologiques, sociologiques, organisationnelles, économiques et politiques doivent être mises en œuvre de façon combinée et coordonnée.

UNE VISION GLOBALE EN APPROCHE SYSTEMIQUE

les objectifs

Le projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone se repose sur[PC1]  9 Axes : 5 Axes dits opérationnels (Carbone Bleu, Écologie Industrielle, Mobilité Douce et Autonome en mode MaaS,, Autoconsommation ENR, Efficacité Bâti et Réseaux) et 4 Axes transversaux (Participation Citoyenne, Gouvernance de la donnée, Fonds d’aide à l’innovation).

9 ZONES PRIORITAIRES

9 zones prioritaires

Le projet démarrera, dans un premier temps, en investissant sur 9 zones pilotes, avec l’ambition d'y mesurer les effets de l’approche « zéro carbone » développée. Ces actions et ces lieux ont été identifiés en concertation avec un consortium d’acteurs publics et de partenaires privés et seront enrichis grâce à l’implication de nouveaux acteurs.

  • Le centre-ville de La Rochelle composé de nombreux bâtiments classés mais aussi de plus de 6 % de logements vétustes.
  • Villeneuve-les-Salines, le deuxième quartier d’habitat social de La Rochelle, avec 2 350 logements locatifs sociaux.
  • Atlantech à Lagord, le quartier entièrement conçu et exploité bas carbone mêlant habitants, activités, recherche et innovation.
  • La zone industrielle de Périgny, l’un des grands pôles économiques régionaux.
  • L’Université de La Rochelle et son ‘SMART CAMPUS’, fort de son leadership scientifique dans le domaine du Littoral Urbain Durable intelligent,
  • Le Port Atlantique La Rochelle, 6ème grand port maritime français, fortement concerné par les enjeux de transition énergétique.
  • Le Port de plaisance qui est aujourd’hui le plus grand port de plaisance de la façade atlantique.
  • Le Port de pêche de Chef-de-Baie.
  • Le Littoral & ses marais, véritables puits de carbone.

La participation et l'implication de tous

L’objectif du zéro carbone n’est pas seulement de changer la technologie mais de faire évoluer nos modes de vie et nos habitudes pour apprendre à mieux respecter notre écosystème. Opérer une transition neutre en émissions, c’est apprendre à modifier nos comportements individuels et collectifs.

La transition vers la neutralité carbone doit concerner tout le monde, les citoyens mais également le secteur économique et les acteurs publics. Les actions et l’engagement de tous (acteurs locaux, citoyens, associations, entreprises...) sont essentiels pour atteindre l’objectif d’un bilan zéro carbone.

La méthode qui fait la particularité du projet « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » consiste à associer un maximum d’acteurs du territoire pour que tous puissent contribuer, à leur façon et à leur échelle, à la transition. Ce n’est pas un programme clé en main mais un projet à co-construire à partir d'une nouvelle méthode de gouvernance. Nous devons accompagner le changement vers des pratiques personnelles, professionnelles et collectives plus durables.

À ce jour, plus de 130 partenaires sont déjà impliqués dans le projet.

partenaires impliqués

L’agrégateur carbone

Qu’est-ce que l’agrégateur ? C’est un dispositif technique et financier destiné à développer les projets en faveur de la neutralité carbone. Son principe : créer un outil coopératif permettant l’émission et la vente de crédits carbone à l’échelle territoriale et donc réunir porteurs de projets et acheteurs pour donner de la force à leur engagement. Son fonctionnement viendra s’adosser à la plateforme de données. Il permettra de comptabiliser le poids de chacune des actions dans le bilan carbone du territoire et de mettre en place un système de compensation performant.

Témoignages

Jean-François FOUNTAINE, Président de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle :
« L’engagement que nous avons pris d’atteindre un bilan zéro carbone d’ici à 2040 ne doit rien au hasard. Notre Agglomération a très tôt compris les grands enjeux environnementaux et pris des mesures pour lutter contre le changement climatique. Aujourd’hui, notre projet d’Agglomération repose sur des objectifs de sobriété, de solidarité et de créativité au service d’un développement plus durable. 

Beaucoup d’actions sont déjà menées pour réduire et compenser les émissions de gaz carbonique. Le projet « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » témoigne des compétences, initiatives et énergies à l’œuvre au sein de notre Agglomération. Il les fédère et les amplifie, ouvre de nouvelles perspectives. Avec l’Université, très en pointe sur l’isolation des bâtiments, l’association Atlantech, Port Atlantique La Rochelle et la Ville de la Rochelle, nous avons réussi à créer une dynamique inédite capable de faire émerger des solutions innovantes et duplicables.

Nous avons choisi d’ouvrir la voie en démontrant qu’il est possible de « faire autrement » à travers une vision globale qui emmène l’ensemble des acteurs du territoire.

En agissant sur les mobilités durables, l’écologie industrielle et territoriale, les énergies renouvelables, la préservation de l’océan, l’efficacité des bâtiments… mais aussi et surtout en mobilisant les citoyens, nous ferons la preuve qu’une autre trajectoire est possible ».

Jean-Marc OGIER, Président de La Rochelle Université :

« L’axe « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » est né de la convergence des trajectoires politiques de l’Agglomération de La Rochelle et de l’Université. Pour chaque levier du projet, des chercheurs de l’Université apportent leurs contributions à l’élaboration de solutions innovantes. L’innovation est l’une des principales clés de réussite de la démarche. Au-delà de son expertise, l’Université apporte à LRTZC une expérimentation grandeur nature à travers son projet « Smart campus ». Les financements dont nous pourrions bénéficier en cas de sélection serviront d’accélérateur à la recherche et à l’innovation, mais aussi à mener des expérimentations et à construire des bâtiments universitaires exemplaires au niveau international ».

Bernard PLISSON, Directeur de la Stratégie et du développement durable de Port Atlantique La Rochelle :

« Nous sommes déjà très actifs pour la maîtrise des impacts et la réduction des émissions de gaz à effet de serre des activités portuaires, mais aussi dans le domaine de l’économie circulaire. Nous souhaitons contribuer plus encore à la transition énergétique, à l’échelle locale et globale, en mettant en œuvre de nouvelles actions bas carbone pour la consommation et la production d’énergie, le bâti, le transport. Cet élan est collectif et concerne d’ores et déjà les entreprises de la place portuaire et de La Rochelle-Ouest. La sélection de La Rochelle constituerait un formidable catalyseur, elle nous permettrait d’aller plus vite et plus fort. Mais, quel que soit le résultat de cet appel à projet, nous poursuivrons la mutation engagée. »

Christophe PHILIPPONNEAU, Directeur général de l’association Atlantech :

« Le parc Atlantech porte depuis 2011 une ambition bas carbone à l’échelle d’un quartier. C’est aujourd’hui un démonstrateur reconnu dans ce domaine. C’était pour nous une évidence de participer au projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone qui fait écho aux actions que nous menons et à notre ambition d’en assurer la réplicabilité, et qui nous donne l’occasion de le faire à l’échelle du territoire. Notre mission est de mettre au point un « agrégateur carbone territorial », de mettre en circulation une flotte de véhicules hydrogènes alimentée par une production solaire d’hydrogène et de créer une boucle énergétique. Ce projet est une formidable occasion de fédérer les initiatives et de démontrer que l’on peut agir à l’échelle locale ».

Christine DUPUY, Enseignant-Chercheur en écologie au laboratoire LIENSs à La Rochelle Université :

« La gestion du littoral est un véritable défi sociétal pour l’Agglomération de La Rochelle (CdA La Rochelle). Dans le cadre du Laboratoire LIENSs, de l’IFREMER (L’Houmeau et Sète), de l’INRA (Villenave d’Ornon et Montpellier), des universités de Bordeaux, Brest, Rennes, Angers, une quarantaine de scientifiques mènent des recherches sur le cycle du carbone et du devenir du carbone bleu. Face à l’enjeu fondamental que représente la préservation, la gestion et l’optimisation du littoral et des marais, nous nous inscrivons désormais dans une démarche globale : le Littoral urbain durable et intelligent, en partenariat avec des acteurs du territoire : CdA, Ville de La Rochelle, UNIMA, FMA,...). En rassemblant les acteurs de notre territoire, en mutualisant les retours d’expériences et les expertises, nous sommes désormais en capacité de positionner l’Université de La Rochelle et ses partenaires/collaborateurs comme une référence internationale sur la thématique. Cette nouvelle dynamique a pris son envol depuis l’acceptation du dossier de candidature au premier tour de l’Appel à manifestation d’intérêt au programme d’Investissements d’Avenir – Action « Territoires d’innovation de grande ambition », projet La Rochelle, Territoire Zéro Carbone.          

Appel à projets : acteurs de la transition

Engagée de longue date pour l’environnement et le développement durable, l’Agglomération a l’ambition d’atteindre la neutralité carbone à horizon 2040. De nombreux acteurs sont impliqués dans le projet « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » et il est important de soutenir les initiatives qui émergent localement. Pour accompagner la transformation du territoire et la mobilisation de ses forces vives, l’Agglo lance aujourd’hui un appel à projets baptisé « Acteurs de la transition ».

Vous avez à cœur d’agir concrètement en faveur de la transition énergétique, écologique et sociale ? Vous avez envie d’actions transformatrices autour de vous ? Vous souhaitez participer à l’ambition d’un Territoire Zéro Carbone ?

Développez vos solutions et présentez vos initiatives citoyennes et collectives dans le cadre de l’appel à projets « Acteurs de la transition » lancé par la Communauté d’Agglomération.

Celui-ci vise à soutenir et expérimenter des initiatives de transition citoyenne d’intérêt collectif, dans la phase de démarrage ou de développement, qui répondent concrètement aux enjeux de la transition et favorisent la prise de conscience et le passage à l’action des citoyens.

De nombreux champs peuvent être couverts par ces initiatives : être garant de la biodiversité, de la nature en ville, produire et consommer local, réduire et revaloriser les déchets, prolonger la durée de vie des objets, économiser ou produire de l’énergie, renforcer les liens entre voisins…

Pour plus d’informations consulter le règlement en téléchargement ci-dessous.

Le service Transition Energétique et Résilience Ecologique est en charge du suivi de cet appel à projets. Vous avez une question sur la procédure, une demande sur le montage du projet... ? Votre interlocutrice est Marianne JUIN.

Vous pouvez la contacter à partir du 19 août :

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