Qualité de l’air : les résultats 2025 du suivi des pesticides présentés au public
Qualité de l’air : les résultats 2025 du suivi des pesticides présentés au public
Publié le 18 sept. 2026 - Mis à jour le 26 oct. 2026
Depuis 2019, la Communauté d’Agglomération de La Rochelle travaille avec Atmo Nouvelle-Aquitaine pour mesurer chaque année la présence de produits phyto-sanitaires dans l’air de la plaine de l’Aunis. En 2025, deux nouveaux sites de mesure ont été installés à Saint-Vivien et L’Houmeau, en complément de celui de Montroy. Trois réunions publiques sont organisées les 5, 6 et 7 octobre pour échanger sur les résultats avec les habitants.
Les résultats montrent des profils proches sur les trois sites, avec une présence très majoritairement constituée d’herbicides, cohérente avec les cultures présentes sur le territoire. Huit produits – sept herbicides et un insecticide – ont été détectés sur les trois sites. Parmi les concentrations les plus élevées figurent le prosulfocarbe et la pendiméthaline, deux herbicides principalement utilisés sur les céréales d’hiver. Certaines molécules interdites pour les usages agricoles ont également été retrouvées, notamment le lindane, mais à des niveaux très faibles, proches des limites de quantification.
« Ces relevés nous permettent de mieux connaître la qualité de l’air sur notre territoire et d’en suivre les évolutions dans le temps », souligne Marc Maigné, Vice-président de la Communauté d’Agglomération, chargé notamment de la santé environnementale.
► Trois réunions publiques les 5, 6 et 7 octobre
Pour aller au-delà des chiffres, Marc Maigné, Vice-président de l’Agglomération, a échangé avec les habitants lors de trois réunions publiques organisées avec les communes qui ont accueilli les sites de mesure. Il est revenu sur les principaux enseignements de la campagne et sur les actions engagées par l’Agglomération.
Les maires de Saint-Vivien, Christophe Prieur de Kermel, de Montroy, Viviane Cottreau-Gonzalez, et de L’Houmeau, Jean-Luc Algay, ont également participéà ces rencontres, aux côtés de l’Agglomération et d’Atmo Nouvelle-Aquitaine.
Ces temps d’échanges étaient l'occasion de mieux comprendre les résultats, de les replacer dans leur contexte et de répondre aux questions des habitants.
→ Présentation des résultats
Les réunions publiques ont eu lieu :
- Lundi 5 octobre à Saint-Vivien - 18h30 dans la salle polyvalente ;
- Mardi 6 octobre à Montroy - 18h30 dans la salle des loisirs ;
- Mercredi 7 octobre à L’Houmeau - 18h30 au complexe Saint-Exupéry.
Des résultats à mettre en perspective
À Montroy, le cumul hebdomadaire moyen des concentrations en herbicides s’élève en 2025 à 13,3 ng/m³, contre 10,2 ng/m³ en 2024 et 5,1 ng/m³ en 2023. Cette valeur est en hausse par rapport aux deux années précédentes, mais reste inférieure au niveau de 2021, qui s’établissait à 22,4 ng/m³ et demeure le niveau le plus élevé observé depuis le début du suivi.
Les concentrations les plus importantes ont été relevées en novembre et décembre. Un pic commun aux trois sites a notamment été enregistré la première quinzaine de novembre, avec 100,2 ng/m³ à Montroy, 29 ng/m³ à Saint-Vivien et 20 ng/m³ à L’Houmeau. Ces écarts s’expliquent en partie par la part des surfaces consacrées aux grandes cultures dans un rayon de 5 km autour de chacun des sites.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à décrypter les variations observées en 2025. Atmo Nouvelle-Aquitaine relève une utilisation accrue du prosulfocarbe, un herbicide très volatil. Cette évolution peut s’expliquer par la réduction du nombre de molécules autorisées, qui conduit à utiliser davantage celles encore disponibles. Les conditions météorologiques de 2025 ont également pu rendre le désherbage mécanique plus difficile et encourager les traitements chimiques. Enfin, la disponibilité de l’eau a pu contribuer au développement des cultures d’hiver, qui peuvent nécessiter davantage de traitements.
En l’absence de valeurs réglementaires spécifiques pour les pesticides dans l’air, ce suivi constitue un indicateur de l’évolution des concentrations dans le temps. Les résultats doivent donc être appréciés au regard de leur évolution pluriannuelle.
→ Les pesticides dans l’air Agglomération de La Rochelle - Automne 2025 (Synthèse Atmo Nouvelle-Aquitaine)
→ Les pesticides dans l’air Agglomération de La Rochelle - Automne 2025 (Rapport d'étude Atmo Nouvelle-Aquitaine)
Agir sur les pratiques agricoles et la protection des ressources
Le suivi de la qualité de l’air s’inscrit dans une démarche plus large de l’Agglomération pour réduire l’exposition aux produits phytosanitaires et accompagner les changements de pratiques agricoles. Cette démarche porte notamment sur la réduction de l'usage des intrants, la protection de l'eau et de l'air, l'évolution des pratiques agricoles, l'installation des agriculteurs, les filières alimentaires et la connaissance des expositions environnementales.
En 2026, l’Agglomération poursuit ces actions, notamment à travers « Terres de Transitions »¹, le développement de filières à bas niveaux d’intrants, l’accompagnement des cantines scolaires dans l’atteinte des objectifs EGALIM² et la préparation du marché de prestations environnementales « Terres de Sources Charentais »³.
¹ « Terres de Transitions » - Démonstrateur agricole et alimentaire soutenu par France 2030, visant à expérimenter des pratiques agricoles moins dépendantes des produits phytosanitaires et à favoriser des filières alimentaires locales et durables.
² Loi EGALIM - La loi du 30 octobre 2018 fixe notamment des objectifs de qualité et de durabilité pour les produits servis dans la restauration collective.
³ « Terres de Sources Charentais » - Marché de prestations environnementales destiné à rémunérer les agriculteurs engagés dans des pratiques favorables à l’eau, aux sols et à la biodiversité.
♦ FAQ : que montrent les mesures de pesticides dans l’air réalisées en 2025 ?
Sur le territoire, les mesures des polluants réglementés (NOx, particules grossières et fines, etc.) ne font pas apparaître d’alerte particulière et confirment une tendance à l’amélioration de la qualité de l’air. Ce suivi national, encadré par la réglementation, ne couvre toutefois pas les pesticides présents dans l’air.
Depuis 2016, la Communauté d’Agglomération de La Rochelle collabore avec Atmo Nouvelle Aquitaine afin de suivre la présence de produits phytosanitaires dans l’atmosphère. L’objectif est de disposer de données objectives sur l’évolution de ces substances, d’identifier les périodes et les secteurs les plus concernés et ainsi d’éclairer les actions menées par l’Agglo et ses partenaires.
À ce jour, il n’existe pas de valeur limite réglementaire spécifique pour les pesticides dans l’air permettant de qualifier les concentrations mesurées. Le dispositif de suivi vise donc principalement à objectiver leur évolution dans le temps et à orienter les politiques locales en matière de qualité de l’air et de santé environnementale.
Trois sites ont fait l’objet de mesures en 2025 :
• Montroy, où les mesures sont réalisées chaque année depuis 2019 afin de disposer d’un suivi pérenne ;
• Saint-Vivien et L’Houmeau avec une campagne ponctuelle à l’automne.
Le site de Montroy est situé à environ 150 mètres des parcelles cultivées et permet notamment de disposer d’une mesure représentative de l’air de la plaine de l’Aunis.
À Saint-Vivien et à L’Houmeau, les capteurs étaient respectivement situés à environ 180 et 280 mètres de la première parcelle agricole.
À la suite des résultats de l’étude exploratoire sur le risque de cancers pédiatriques en Charente-Maritime, commandée par la Ligue contre le cancer et diffusée mi-2025, des sur-incidences statistiquement significatives ont été mises en évidence sur la commune de Saint-Vivien, tandis que celles observées sur L’Houmeau ne présentaient pas de caractère significatif au regard des seuils retenus.
Dans ce contexte, l’Agglomération a proposé à ces deux communes de confier à Atmo Nouvelle-Aquitaine la réalisation de mesures de la concentration des pesticides dans l’air, afin d’objectiver les expositions environnementales locales et d’alimenter l’analyse des facteurs de risque.
Même si les concentrations mesurées ont soulevé des inquiétudes légitimes, aucun lien direct ne peut être établi, en l’état des connaissances, entre les valeurs mesurées sur le territoire et les sur-incidences de cancers.
Ces données seront exploitées dans le cadre du programme de recherche Exposcan « Expositions environnementales selon la spatialisation du risque de cancers pédiatriques ». Ce projet, centré sur l’exposome, vise à mieux comprendre et prévenir les risques environnementaux associés aux excès de cancers pédiatriques observés sur certaines communes de Charente-Maritime, en croisant mesures environnementales (air, eau, sols), données de santé et informations recueillies auprès des familles.
Parmi les 114 molécules recherchées, 17 ont été détectées durant la campagne automnale 2025, dont 2 fongicides, 11 herbicides et 4 insecticides.
Les herbicides constituent la famille de pesticides dont les concentrations moyennes sont les plus élevées au cours de la campagne de mesure. Cette situation est cohérente avec l’environnement agricole des trois sites, dominé par les grandes cultures, et avec la période de désherbage des céréales d’hiver.
Les concentrations mesurées varient selon les sites. Montroy présente les concentrations moyennes en herbicides les plus élevées sur l’ensemble de la campagne. Ces écarts peuvent notamment s’expliquer par les différences de densité de parcelles agricoles autour de chaque point de mesure.
Les concentrations les plus élevées concernent notamment le prosulfocarbe, principalement utilisé pour le désherbage des céréales d’hiver, et la pendiméthaline, également utilisée sur ces cultures. Les concentrations observées sont plus élevées en 2025 qu’en 2023 et 2024, mais restent inférieures aux niveaux records observés en 2021 sur le site de Montroy.
Comme les années précédentes, les mesures réalisées en 2025 montrent une présence principalement concentrée sur les mois de novembre et décembre, en cohérence avec les périodes de traitement des cultures d’hiver.
Un pic commun aux trois sites a notamment été observé entre le 10 et le 16 novembre 2025.
Le suivi annuel réalisé à Montroy permet d’observer l’évolution du cumul hebdomadaire moyen des concentrations en pesticides. En 2025, les concentrations en herbicides sont plus élevées que les années précédentes, sans toutefois atteindre les niveaux records de 2021. (voir graphique)
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer cette évolution.
Les mesures montrent notamment une présence accrue du prosulfocarbe, un herbicide très volatil, principalement utilisé pour le désherbage des céréales d’hiver. Les conditions météorologiques rencontrées en 2025 ont également pu limiter certaines possibilités de désherbage mécanique et favoriser le recours au désherbage chimique.
Par ailleurs, la diminution des volumes d’eau disponibles pendant l’été peut conduire à privilégier certaines cultures d’hiver, qui peuvent nécessiter davantage d’intrants (engrais, produits phytosanitaires, semences, etc.).
Ces éléments permettent de mettre les résultats en contexte, mais ne permettent pas d’attribuer à eux seuls l’évolution observée à un facteur unique.
Les niveaux mesurés sont différents selon les sites. Cette différence s’explique notamment par la proportion de surfaces consacrées aux grandes cultures dans leur environnement proche. Autour des sites de Montroy, Saint-Vivien et L’Houmeau, cette proportion est respectivement estimée à 82 %, 48 % et 25 % dans un rayon de 5 kilomètres.
Oui. Parmi les molécules interdites en usage agricole, cinq substances ont été détectées dans l’Agglomération de La Rochelle. Quatre l’ont été uniquement sous forme de traces, en quantité insuffisante pour être quantifiées. Une seule, le lindane, a été quantifiée.
Ces détections ne signifient pas que ces produits sont actuellement utilisés sur les cultures. Le lindane a été retrouvé à de faibles concentrations, proches des limites de quantification, et sa présence est également observée dans les mesures réalisées à l’échelle nationale. Ces résultats montrent l’intérêt de maintenir un suivi dans la durée pour mieux comprendre la présence de certaines substances dans l’environnement.
| Molécule | Persistance dans le sol | Autorisée en agriculture ? |
| Lindane, insecticide | Très élevée | Interdit en usage agricole depuis 1998. Interdit pour le traitement des termites depuis 2006. |
| Perméthrine, insecticide | Modérée à élevée, variable selon les conditions | Interdit d’utilisation agricole depuis fin 2002, mais autorisé en tant que biocide. Détecté uniquement sur le site de Saint-Vivien. |
| Chlorpyriphoséthyl, insecticide | Modérée | Interdit depuis début 2020. Détecté uniquement sur le site de Saint-Vivien. |
| Propiconazole, fongicide | Modérée à élevée | Interdit depuis 2018. Cette molécule reste toutefois autorisée comme biocide pour le traitement du bois, avec une dérogation prolongée jusqu’en 2030. |
| Trifluraline, herbicide | Élevée | Interdit depuis 2008. Détecté uniquement sur le site de Montroy. |
Non, mais la directive européenne 2009/128 fixe un cadre pour une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable, en reconnaissant différentes voies d’exposition, notamment par inhalation, contact cutané et ingestion. Si l’exposition alimentaire est bien documentée, la connaissance de l’exposition par voie aérienne, pour la population générale comme pour les travailleurs, reste parcellaire. Il n’existe pas, à ce jour, de réglementation spécifique fixant des valeurs limites pour les pesticides dans l’air ambiant, ce qui rend l’évaluation des risques complexe et incomplète.
En France, le plan Écophyto, lancé en 2008 puis révisé en 2015, vise à réduire de 50 % l’usage et les risques des produits phytopharmaceutiques. La stratégie Écophyto 2030, entrée en vigueur en 2024, confirme cet objectif et s’appuie notamment sur un dispositif de phyto pharmacovigilance pour surveiller les effets indésirables des pesticides sur la santé et l’environnement.
Dès 2014, l’Anses a été chargée de définir les modalités d’une surveillance nationale des pesticides dans l’air. Un rapport d’expertise publié en 2017 a posé les bases de ce suivi. Une campagne exploratoire (CNEP, 2018-2019) a permis d’identifier 32 substances prioritaires. Depuis juillet 2021, un suivi pérenne national est déployé dans toutes les régions, sur des sites représentatifs de différents profils agricoles.
Sur l’Agglomération de La Rochelle, à la suite des valeurs mesurées en 2021, des actions ont été menées par les agriculteurs sur le matériel d’épandage afin de réduire la dérive lors des pulvérisations.
La présence de pesticides dans l’air ne signifie pas, à elle seule, qu’un risque sanitaire est avéré. En l’absence de valeurs réglementaires spécifiques pour les pesticides dans l’air, les mesures réalisées permettent principalement de suivre l’évolution des concentrations d’une année à l’autre et de mieux caractériser l’exposition potentielle des habitants et des riverains.
Ces résultats doivent être mis en relation avec les périodes d’utilisation, les conditions météorologiques, les types de cultures et les pratiques agricoles. Ils constituent ainsi un indicateur parmi d’autres pour mieux comprendre les expositions environnementales.
Ces données permettent d’objectiver les réalités du territoire, d’informer les habitants, de favoriser un dialogue fondé sur des faits, de mobiliser les différents acteurs et de mieux cibler les actions à conduire.
Non. D’un point de vue toxicologique, le prosulfocarbe n’est pas classé comme cancérigène, mutagène ou reprotoxique (CMR).
Néanmoins, compte tenu de son comportement très volatil, l’Anses a fait figurer le prosulfocarbe dans la liste des substances phytopharmaceutiques méritant une attention particulière dans son rapport sur les substances préoccupantes de 2020.
L’autorisation de la substance active prosulfocarbe a été prolongée jusqu’au 31 janvier 2027 par la Commission européenne en septembre 2023.
Le 2 octobre 2023, l’Anses a pris des mesures pour renforcer la protection des riverains vis-à vis du prosulfocarbe, à la suite de la détection de résidus dans l’air et sur des cultures non cibles. À partir du 1er novembre 2023, les doses maximales d’application ont été réduites de 40 % et les utilisateurs ont dû s’équiper de rampes de traitement de buses assurant une réduction de la dérive plus importante.
Non. La présence de prosulfocarbe dans l’air est également observée sur d’autres territoires agricoles français. Il s’agit de la troisième substance active la plus vendue en France, après le glyphosate et le soufre.
En 2024, Atmo France a réalisé une étude comparative entre la présence du prosulfocarbe dans la plaine de l’Aunis et celle observée sur des sites présentant des caractéristiques agricoles similaires dans d’autres territoires français.
→ Pour en savoir plus sur cette étude.
L’outil PhytAtmo Dataviz permet également d’établir une comparaison à partir des données de 2023, ci-dessous les moyennes annuelles 2023 en prosulfocarbe et lindane :
| Territoire | Prosulfocarbe (ng/m³) | Lindane (ng/m³) |
| Nouvelle-Aquitaine – Plaine de l’Aunis | 2,88 | 0,06 |
| Hauts-de-France – Tourcoing | 2,59 | 0,04 |
| Centre-Val de Loire – Saint-Jean de la Ruelle | 2,57 | 0,07 |
| Centre-Val de Loire (Beauce) – Bazoches les Gallerandes | 6,64 | 0,12 |
Ces données montrent que la présence de prosulfocarbe n’est pas propre à la plaine de l’Aunis et doit être appréciée en tenant compte des caractéristiques agricoles de chaque territoire.
L’Agglo ne dispose pas de compétence directe en matière de pratiques agricoles : les règles d’utilisation des produits phytosanitaires et les choix des exploitations relèvent principalement de l’État, de la réglementation européenne et des agriculteurs eux-mêmes.
Elle peut toutefois agir à travers les compétences et les politiques publiques dont elle a la responsabilité, pour accompagner l’évolution des pratiques agricoles et réduire les impacts des produits phytosanitaires sur l’environnement et la santé.
Son action porte notamment sur la protection de l’eau, l’agriculture et l’alimentation, l’aménagement du territoire et le foncier agricole, la protection de l’environnement, la santé et le développement économique.
Elle agit également pour faire remonter au niveau national la situation du territoire, cela passe par des échanges avec les députés, les sénateurs, le travail avec les associations nationales (AMORCE, France Urbaine…). Par ailleurs, cela peut aussi prendre la forme de motion, comme celle prise en juillet 2022 pour demander l’arrêt de l’utilisation du prosulfocarbe.
L’Agglo mobilise différents leviers à travers plusieurs programmes et dispositifs. Environ 80 actions ont ainsi été recensées dans ses politiques publiques, notamment dans le cadre de Re-Sources, La Rochelle Territoire Zéro Carbone, du Projet Alimentaire de Territoire, du Plan Climat Air Énergie Territorial et du Contrat Local de Santé.
Ces actions portent sur :
- la protection des captages d’eau potable, afin de préserver durablement la ressource ;
- l’accompagnement des agriculteurs vers des pratiques agricoles moins dépendantes des produits phytosanitaires ;
- le développement de pratiques agricoles à plus faibles niveaux d’intrants ;
- la préservation du foncier agricole et le développement de filières locales ;
- la protection des sols, de la biodiversité et des milieux naturels ;
- le soutien aux acteurs économiques engagés dans ces transitions.
En 2026, ces actions se poursuivent et se renforcent, notamment dans les domaines de la protection des captages, de l’évolution des pratiques agricoles et de la structuration de filières locales.
Q1 : La surveillance de la qualité de l’air sur l'Agglo se limite-elle au suivi des pesticides ?
Non. Les pesticides font l’objet d’un suivi spécifique (qui n’est pas réglementaire), mené par Atmo Nouvelle-Aquitaine depuis 2019, mais ce suivi s’ajoute à la surveillance réglementaire des principaux polluants atmosphériques : particules fines et grossières, dioxyde d’azote, ozone, dioxyde de soufre, métaux et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les résultats de ces mesures sont accessibles sur le site internet d’Atmo Nouvelle-Aquitaine. Le suivi des pesticides répond à un enjeu local de connaissance et de précaution, car il n’existe pas encore de valeur limite réglementaire pour ces substances dans l’air ambiant.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien.
Q2 : Les capteurs de suivi de pesticides seront-ils maintenus ?
Le capteur de Montroy fait partie du réseau régional de surveillance (4 sites au niveau de la Nouvelle-Aquitaine) des pesticides dans l’air d’Atmo Nouvelle-Aquitaine. Les relevés se poursuivent donc. Les résultats de l’année 2026 seront connus en septembre 2027.
Pour les autres communes, le choix revient aux maires de chaque commune. En effet, les premières mesures ayant relevé des concentrations plus faibles que celles de Montroy, une surveillance renforcée ne semble pas nécessaire. Le maire de l’Houmeau a notamment indiqué son souhait de renouveler ces mesures en 2027.
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Saint-Vivien, L’Houmeau.
Q3 : Pourquoi l’outil Agricivis de signalement des épandages agricoles n’est pas utilisé par les agriculteurs ?
Les agriculteurs présents à Saint-Vivien ont apporté les réponses suivantes :
- son usage est basé sur le volontariat ;
- des relations conflictuelles entre agriculteurs et riverains n’incitent pas les agriculteurs à utiliser l’outil. Un épandage peut, selon les conditions météorologies, se voir reporté.
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Saint-Vivien, Montroy.
Q4 : Comment est choisi le lieu d’implantation des capteurs ?
Selon des contraintes techniques (alimentation électrique, circulation des masses d’air, …), le choix du site d’implantation est réalisé par Atmo Nouvelle-Aquitaine. Les appareils de mesures sont ainsi implantés au plus proche des populations.
En règle générale, les capteurs sont installés en cœur de village, et en l’occurrence à proximité des écoles pour Montroy, Saint-Vivien et L’Houmeau.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien.
Q5 : Quelles sont les hypothèses concernant le rôle des expositions environnementales, notamment des perturbateurs endocriniens et des pesticides, dans l’augmentation des cancers du sein et du pancréas, et quels sont les travaux menés pour identifier d’éventuelles surexpositions sur le territoire ?
On sait que des produits sont classés perturbateurs endocriniens. Le cancer du sein, le plus fréquent des cancers féminins et le cancer du pancréas, peuvent avoir des origines environnementales. Le nombre de cas de cancer du pancréas est en augmentation. Les scientifiques travaillent à identifier des surexpositions sur le territoire national.
Par ailleurs, lors de la réunion publique, il a aussi été indiqué que la surveillance menée par le registre des cancers du Poitou-Charentes a identifié des secteurs en Charente-Maritime, autres que ceux de l’Agglo de La Rochelle, présentant aussi des sur incidences significatives.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien
Q6 : Si la qualité de l’eau de la Charente se dégrade, comment l’agglomération garantit-elle la sécurité de l’eau potable distribuée ?
Si un seuil d’alerte est dépassé, le service de production d’eau intervient immédiatement pour ramener les taux à un niveau conforme. Mais l’agglomération intervient avant tout sur des mesures préventives : elle protège les zones de captage afin de maintenir une eau de bonne qualité à la source, plutôt que de devoir mettre en place des traitements coûteux et énergivores.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien
Q7 : Y a-t-il des actions possibles en matière d'urbanisme pour réduire l’usage des produits phytosanitaires ?
Les infrastructures agroécologiques (haies, arbres, bandes enherbées, talus etc.) ont des rôles avérés sur la structure des sols (amélioration de la porosité et de la matière organique) et réduisent les risques quant au ruissellement des produits phytosanitaires. De plus, ils permettent d’augmenter et de diversifier la biodiversité locale, offrant des écosystèmes pour les prédateurs des ravageurs des cultures et détournent les ravageurs vers d’autres espèces cibles. L'Agglomération accompagne les communes pour l’installation de ces aménagements en faveur de la biodiversité notamment avec l’animation du fonds de concours « Renforcement de la trame verte ». Les agriculteurs sont aussi accompagnés avec le programme EVA du département.
Ces infrastructures agroécologiques peuvent ensuite être protégées via des classements intégrés au PLU. Ce qui est le cas dans le PLUi actuel du territoire pour les haies, les alignements d’arbres etc.
Par ailleurs, des expérimentations sont en cours pour mettre en place des ceintures vertes autour des zones d'habitations. Ce sujet est notamment testé dans le cadre du PLUi sur le secteur de Bourgneuf. Néanmoins, un travail d’échanges avec les propriétaires et les agricultures des zones concernées existe pour trouver des accords de cession.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien.
Q8 : Avec Exposcan, de quelle manière la population sera-t-elle associée à ses études ?
EXPOSCAN est un projet de recherche-action qui explore, à l’échelle du territoire, les liens entre les expositions environnementales des enfants — leur exposome — et la survenue de cancers. Il réunit la préfecture de la Charente-Maritime, la Ligue contre le cancer, le CHU de Poitiers, l’INRAE, l’Inserm, Qualyse, l’ARS et l’association Avenir Santé Environnement (ASE).
Il s’inscrit dans la continuité de l’étude NEEXT (Nos Enfants Exposés aux Toxiques), menée par ASE. Les citoyens sont associés à la démarche via cette association, qui participe également au comité de pilotage de l’étude.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien.
Q9 : Que sait-on de l’étude Agrican ?
Portée par l’université de Caen, Agrican s’intéresse à la santé des agriculteurs, mais aussi à celles de personnes qui travaillent dans les espaces verts, les coopératives agricoles, les forêts, le secteur maritime, et de nombreux secteurs connexes à l’agriculture.
→ Plus d’informations sur : agrican.fr
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Saint-Vivien.
Q10 : Les cantines scolaires du territoire atteignent-elles les objectifs Egalim ?
La sécurisation des débouchés bio et locaux représente un enjeu majeur pour accompagner les agriculteurs dans une transition agroécologique. La gestion des cantines scolaires et de leurs approvisionnements est de la compétence des communes.
La loi EGAlim (2018), renforcée par la loi Climat et Résilience (2021), vise à garantir une alimentation plus saine, durable et respectueuse de l'environnement, tout en soutenant une agriculture de qualité et en rééquilibrant les relations commerciales entre producteurs et acheteurs. Elle s'applique à l'ensemble des restaurants collectifs publics et privés : cantines scolaires et universitaires, établissements de santé et médico-sociaux, restauration administrative et d'entreprise, quel que soit leur mode de gestion.
Elle repose sur 5 grands principes :
- Au moins 50 % de produits durables et de qualité dans la valeur des achats alimentaires, dont 20 % de bio minimum.
- La diversification des sources de protéines, avec des menus végétariens proposés régulièrement.
- La lutte contre le gaspillage alimentaire (diagnostic obligatoire, dons aux associations).
- La fin progressive des contenants plastiques pour la cuisson, le service et le réchauffage.
- L'information des convives, via l'affichage de la part de produits durables et bio.
Le PAT porte une ambition propre, plus exigeante que la seule loi EGAlim : atteindre 40 % d'approvisionnement bio et local dans les restaurants scolaires et collectifs du territoire. Dans ce cadre, l'Agglo propose un accompagnement aux communes afin de relocaliser les filières de production et d’augmenter la part de produits bios, locaux et durables des cantines scolaires, en accord avec la loi Egalim.
Une première évaluation sur 18 restaurants scolaires du périmètre du PAT La Rochelle-Aunis-Ré, réalisée en 2023, fait ressortir l’atteinte des objectifs en bio (plus de 20%). Par contre, la part de bio-local reste en retrait. Ces chiffres sont en cours de consolidation mais ces premiers éléments illustrent la marge de progression à mobiliser en priorité, et confirme que l'augmentation de la part de bio-local dans les restaurants scolaires et collectifs du territoire est un des axes de travail prioritaires du PAT.
Sujet évoqué lors de la réunion publique de : Montroy
Q11 : Pourquoi toutes les communes n’engagent-elles pas des actions foncières comme l’Houmeau ?
L’acquisition des fonciers agricoles sur L’Houmeau est réalisée dans le cadre spécifique des droits de préemption des Espaces Naturels Sensibles.
Le droit de préemption ENS est un outil permettant de protéger durablement des espaces présentant un intérêt écologique, paysager ou naturel. Il ne s'applique que dans une Zone de Préemption des Espaces Naturels Sensibles (ZPENS) préalablement créée par le Département. La présence d'un ENS n'entraîne pas automatiquement la création d'une ZPENS. Dans cette ZPENS, le titulaire du droit de préemption est le Département.
Lorsqu'un bien est mis en vente dans ce périmètre, le Département peut alors décider de l'acquérir en priorité afin de préserver ou valoriser l'espace naturel concerné.
Le Code de l'urbanisme permet au Département de déléguer son droit de préemption aux communes. Lorsque cette délégation est accordée, la commune exerce le droit de préemption à la place du Département et le bien acquis entre dans son patrimoine. La collectivité doit alors poursuivre les objectifs de protection et de gestion des espaces naturels ayant justifié la création de la zone de préemption.
Néanmoins, ces secteurs ne concernent qu’une partie du territoire de l’Agglomération.
→ Pour en savoir + : Carte des Espaces Naturels Sensibles en Charente Maritime
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Montroy, L’Houmeau, Saint-Vivien
Q12 : Pourquoi les résultats d’Atmo Nouvelle-Aquitaine font ressortir très peu d’insecticides ?
Le territoire étant majoritairement en grandes cultures, les pressions sont plus fortes concernant les adventices (ou mauvaises herbes) et les champignons, ce qui explique la très faible utilisation d’insecticides.
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Montroy
Q13 : Le taux du Lindane diminue-t-il d’année en année ?
Le lindane est une molécule extrêmement persistance dans le sol, dont l’évolution de sa dégradation est très lente depuis son interdiction en 2003.
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Montroy
Q14 : Comment les travaux de la médiation ont-ils été pris en compte dans la situation actuelle ?
Dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement, l’Agglomération a réalisé une démarche de médiation visant à renouer le dialogue entre le monde agricole et les habitants de la campagne rochelaise. Cette médiation avait pour objectif de faciliter les échanges entre riverains, agriculteurs, élus et associations, afin de créer les conditions d’une meilleure compréhension mutuelle des pratiques agricoles et d’une construction partagée de solutions.
La réunion de bilan de cette démarche, organisée le 16 octobre 2023 en articulation avec le Projet Alimentaire de Territoire (PAT), a permis de faire le point sur les difficultés rencontrées tout en réaffirmant la volonté des parties prenantes de poursuivre la dynamique engagée.
À l’issue de la médiation, il a été proposé aux participants de poursuivre leur réflexion au sein d’un groupe de travail dédié, intégré au PAT. Les travaux menés dans ce cadre ont notamment alimenté le document « Des idées aux actions », qui met en évidence les liens entre santé et alimentation.
Les idées et orientations issues de ce groupe de travail irriguent aujourd’hui l’ensemble des projets portés par le PAT. Elles trouvent notamment une traduction concrète dans le projet « Terres de Sources », présenté en séance, qui constitue l’une des déclinaisons opérationnelles de cette démarche.
→ Plus en en savoir plus : lien vers la plaquette PAT
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Montroy
Q15 : Quelles précautions prendre lors des épandages ?
Au regard des suivis réalisés depuis 2019 sur la plaine de l’Aunis, on constate que les périodes d’épandage de pesticides se situent majoritairement au cours de l’automne (grandes cultures), à partir de la mi-octobre et jusqu’à la mi-décembre. Durant cette période, il est possible de s’appuyer sur les recommandations suivantes de l’ANSES, travaillées notamment dans le cadre du projet Pestiriv :
- Enlever ses chaussures avant de rentrer dans le logement ;
- Nettoyer son logement avec une serpillière ou un aspirateur au moins une fois par semaine ;
- Faire sécher son linge à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur ;
- Disposer d’une ventilation mécanique (VMC) dans le logement ;
- Éplucher les fruits du jardin et limiter la consommation d’œufs de poulaillers domestiques.
L’ARS de Nouvelle-Aquitaine a également consacré une page web sur le sujet : en savoir plus
Sujet évoqué lors des réunions publiques de : Montroy, L’Houmeau