Léopoldine à bicyclette sur les véloroutes de France

Léopoldine à bicyclette sur les véloroutes de France

Pendant 3 mois, de mai à août dernier, Léopoldine Têtenoire a voyagé avec pour principal compagnon le vélo qu’elle a assemblé elle-même, à l’issue de sa formation d’opératrice cycles. De retour de cet enrichissant tour des véloroutes mais aussi des tiers-lieux français, la jeune châtelaillonnaise souhaite témoigner et encourager la pratique du vélotourisme.

léopoldine sur son vélo

Si l’on met de côté la douleur endurée, Léopoldine pourrait presque dire que c’est « à la faveur » d’une blessure en compétition de badminton, son sport premier, qu’elle a découvert le vélo. « Je devais m’y mettre de façon intensive pour rééduquer mes tendons ». Ajoutez à cette raison une attirance pour le voyage, pour les rencontres et une envie accentuée par le confinement d’aller voir ailleurs ce qui se passe. Voici comment la jeune Léopoldine Têtenoire, 26 ans et habitant à Châtelaillon-Plage, s’est retrouvée un matin de mai 2021 à enfourcher sa bicyclette pour un tour de France des véloroutes qui allait lui faire parcourir 3 520 km en 3 mois.

Préparation minutieuse

Diplômée en histoire-géo et en marketing et communication numérique, Léopoldine travaillait pour l’espace de coworking WorkingShare aux Minimes avant de se lancer dans la préparation minutieuse de son périple, à commencer par la bécane. « Il me fallait un bon vélo, pas trop lourd et qui tienne bien le coup pour m’éviter des ennuis tels que crevaison, chaîne qui lâche… J’ai eu la chance d’être admise à la formation de réparatrice cycles proposée par la Chambre des Métiers en mars 202I. Je voulais être capable de me débrouiller en cas de pépin.» De fait, la jeune femme connait la moindre visse de son vélo pour l’avoir en grande partie monté elle-même, pièce par pièce à partir du cadre, lors de son stage en entreprise chez Service Cycle « Je les remercie, ils m’ont beaucoup aidée ». Ainsi, avec un vélo ne dépassant pas les 13 kg et avec 27 kg de bagages sans aucun superflu, Léopoldine a pu s’élancer sur les véloroutes de France.

Une boucle de véloroutes

Son voyage de 3 mois, elle l’a documenté sur son compte Instagram Vélopoldine, avant-goût d’une des activités auxquelles elle souhaite se consacrer désormais. «Je voudrais sensibiliser les gens aux nombreux atouts du voyage à vélo comme à la préparation de ce type d’aventure ». Léopoldine a donc fait le tour de l’Hexagone en empruntant d’abord la Vélodyssée, puis le canal des Deux mers, la véloroute tour Méditerranée jusqu’à Aigues-Mortes, ensuite la Via Rhôna, le canal Champagne-Bourgogne jusqu’à Reims… « Là, j’avoue, j’ai pris un train pour rejoindre Amiens, je ne souhaitais pas spécialement rouler en Ile de France ». Elle a poursuivi sur les véloroutes de la baie de Somme et de la côte de la Manche avant de rallier en Bretagne la Vélodyssée et de fermer la boucle jusqu’à La Rochelle.

La découverte des tiers-lieux

En chemin, elle a éprouvé le sentiment de liberté propre à ce type de voyage. « Je m’arrêtais dans des petits campings, des auberges de jeunesse, chez l’habitant. J’allais à mon rythme, 60 km par jour en moyenne, pas trop rapide pour profiter. Je faisais régulièrement du « hors-piste » pour visiter des sites, des monuments. J’ai vu des choses magnifiques. J’ai aussi supporté des moments moins rigolos sous la pluie et le vent. J’y ai vérifié la qualité de mon matériel autant que mes capacités d’adaptation, ça m’a donné confiance. »

Léopoldine s’était aussi promise de visiter les tiers-lieux sur sa route, intéressée par le modèle collaboratif et l’esprit de partage que proposent de tels endroits. « Ici un café intergénérationnel, là un éco-lieu culturel avec de belles trouvailles architecturales, ailleurs des stages de « low-technologies » pour réapprendre des savoir-faire non gourmands en énergie… Aucun de ces lieux ne fonctionne sur le même modèle et tous offrent des expériences originales et inspirantes. »

Partager l’expérience

Cela fait aussi partie de ce que la jeune cycliste a envie de raconter parmi les anecdotes de voyage qu’elle rédige sous forme de bande dessinée, en association avec une illustratrice. « Je me prépare aussi pour des rencontres lors d’événements, de festivals. Je peux partager mon expérience, donner des conseils matériels ». Inutile de dire que lorsqu’elle vient à La Rochelle depuis Châtelaillon où elle demeure, la voiture reste au garage. « Le vélo est bien entendu mon moyen de locomotion ». Cela devrait aussi devenir son gagne-pain puisque Léopoldine souhaite créer sa petite entreprise itinérante de réparation de cycles… avant un éventuel prochain grand voyage.

En savoir plus :

  • L’AF3V, association qui recense et cartographie les véloroutes : www.af3v.org
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