Un éco-lieu où il fait bon vivre

Un éco-lieu où il fait bon vivre

A la fois site d’habitat participatif et tiers-lieu, l’Oasis des Tisserands prend peu à peu ses marques entre Sainte-Soulle et Dompierre-sur-Mer. Ses futurs résidents qui ne se connaissaient pas au départ s’accordent sur des valeurs, le partage d’espaces, la volonté de vivre dans un environnement intergénérationnel et soucieux de l’équilibre naturel. Visite guidée avec Ameline Bosson, en charge du tiers-lieu.

Oasis des Tisserands

Tout n’est pas encore achevé. Quelques monticules de terre et outils de chantier témoignent de l’importance des aménagements récents mais déjà, l’Oasis des Tisserands donne envie d’y faire halte. Sur cette ancienne ferme toute proche du pont de Grolleau, au sortir de Dompierre-sur-Mer, se bâtit un espace de vie original, au confluent de l’habitat participatif et du tiers-lieu. Douze foyers se destinent à y vivre, certains l’habitent déjà, dans une forme de voisinage intergénérationnel où l’on partage des espaces, des équipements et du lien !

Un nom et des valeurs

Au cœur de ce projet né en 2016 dans la tête de deux des futurs habitants, chaque mot a son importance. « L’oasis fait référence au mouvement Colibri de Pierre Rabhi », indique Ameline Bosson, résidente et coordinatrice de la partie « tiers-lieu » du site.

« Ces oasis se veulent des endroits d’habitat participatif à la gouvernance partagée et agissant le plus possible dans le respect de la nature ».

Autre référence, celle des « tisserands » façon Abdennour Bidar, philosophe qui baptise ainsi ceux qui s’efforcent de « réparer le tissu déchiré du monde », en créant du lien avec les autres, avec soi-même et avec le vivant.

Voilà pour les valeurs telles que les présente Ameline Bosson. Elle a rejoint avec son compagnon et son petit garçon ce nouvel ensemble de logements proche de Dompierre-sur-Mer, sur la commune de Sainte-Soulle.

Deux logements sociaux

Il existe plusieurs formes d’habitat participatif. La petite équipe qui a réfléchi à la transformation de cette propriété de 7 500 m2 (accompagnée par le cabinet FBG Architecture et la société A-Tipic) a opté pour la création de logements indépendants. Certains ont pris place dans le bâti existant, pour d’autres, de nouvelles constructions ont été réalisées en ossatures bois, béton de chanvre et toitures végétalisées. Cette partie neuve compte entre autres deux logements locatifs sociaux. « C’est un élément important si l’on veut assurer une forme de mixité sociale et générationnelle », indique Ameline. « Nous y parvenons d’ailleurs bien puisque nous avons parmi les habitants des adultes de 30 à 70 ans et aussi des enfants ».

Ces personnes ne se connaissaient pas avant d’investir en commun (et par cooptation) dans la Société Civile Immobilière propriétaire du site. Elles participent à son organisation, prennent les décisions en commun, partagent des espaces tels que la buanderie, la cuisine d’été, l’atelier de bricolage, la piscine, le grand verger où un potager collectif est prévu.

Les membres de cette SCI sont également partie prenante de l’autre structure, une société coopérative d’intérêt collectif qui gère le tiers-lieu intégré dans leur oasis. Celui-ci se nomme Cap Tisserands et Ameline Bosson a donc en charge son fonctionnement.

Installé dans une longère perpendiculaire à la maison principale du domaine, ce tiers-lieu dispose de deux grandes salles, l’une destinée à accueillir des formations (c’était déjà sa vocation du temps des anciens propriétaires), l’autre des conférences, rencontres, animations diverses. La longère compte aussi un espace de coworking de 8 places, ouvert à tous, qui sera opérationnel fin septembre.

La réservation d’une place de coworking est possible dès maintenant ici.

 « Nous louons ces salles, nous souhaitons aussi les animer au travers d’événements festifs en lien avec les locaux. Nous avons aussi deux chambres d’auberge à l’étage ».

Soutien des collectivités

Cap Tisserands est accompagné par l’Agglomération au titre de sa stratégie de développement des tiers-lieux, également par la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre du soutien régional aux coopératives.

« Nous sommes toujours en quête d’investisseurs », signale la coordinatrice.

L’Oasis et Cap Tisserands envisagent en effet une seconde phase de développement, avec la construction d’une serre pour expérimenter des technologies « low-tech » dans le domaine de l’énergie comme de l’alimentation. Un local commercial donnant sur la rue est également dessiné sur les plans.

Pour l’heure, il faut reboucher les dernières tranchées, finir les peintures, accueillir les nouveaux habitants. L’ensemble ne sera réellement abouti qu’en 2023, lorsque tous les logements et postes de coworking seront occupés.

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