Un projet partagé

Un projet partagé

« Ce périmètre correspond à la réalité de notre bassin nourricier », relève Jean Gorioux, Président de la Communauté de Communes Aunis Sud. « Nos collectivités ont l'habitude de travailler des sujets ensemble, comme par exemple les déplacements. Concernant l'agriculture de proximité, les sols d'Aunis ont des capacités pour une production diversifiée que n'aurait pas toute seule l’Agglomération de La Rochelle ». Pour cette dernière, c'est la Vice-Présidente Mathilde Roussel qui est en charge du Projet Alimentaire Territorial.

« Nous voulons travailler sur les filières agricoles locales et valoriser les emplois qui ne sont pas délocalisables. Sur le plan social, nous voulons favoriser une alimentation de qualité pour tous et sensibiliser le public à ce sujet. Puis il y a bien sûr l'enjeu primordial du volet environnemental : tendre vers l'agriculture biologique, aller vers la diversité des cultures, penser biodiversité, qualité de l'eau…

Dès lors qu'on traite d'agriculture et d'alimentation, le champ d'intervention est très vaste ». Mathilde Roussel insiste aussi sur la nécessité d'un projet partagé, « avec les autres collectivités, mais aussi avec les agriculteurs, leurs organismes professionnels, les associations, par exemple celles qui luttent contre le gaspillage alimentaire. De nombreux acteurs et actrices doivent venir autour de la table. Certaines associations le sont déjà depuis longtemps et ont même aidé à faire émerger le projet. »

Entretien avec Mathilde ROUSSEL, Vice-Présidente en charge du PAT

Dans le monde agricole, certains travaillent déjà dans cet esprit, comme Bruno Bonnin, éleveur à Thairé. « J'ai repris la ferme familiale. Peu à peu, j'ai pris conscience des enjeux environnementaux liés à l'agriculture, je me suis converti au bio. Je travaille en vente directe mais aussi pour la restauration scolaire et j'ai de très bons retours de ce côté, la qualité dans l'assiette est appréciée des enfants, c'est valorisant ».

La structuration des commandes pour la restauration collective est un des leviers du Projet Alimentaire de Territoire. Un autre consiste à faciliter l'accès au foncier. « Nous avons déjà commencé à acheter des parcelles afin d'installer des maraîchers ou des éleveurs* mais, même sans acquérir le foncier, nous pouvons encourager la location ou la transmission des exploitations vers des filières d'alimentation locale », indique Roger Gervais, Vice-Président de l’Agglo en charge de la stratégie foncière.

« Nous mettons par ailleurs en place des espaces tests où des jeunes non-issus du milieu agricole peuvent se lancer dans ce métier. Ces surfaces tests sont une forme de soutien aux projets agricoles comme les pépinières d'entreprises le sont à d'autres projets économiques ».

Telles sont quelques unes des pistes, parmi bien d'autres, qui figurent sur la feuille de route du futur Projet Alimentaire de Territoire.

*Au total, 13 ha ont pu être acquis en 2019

Pêche en mer

À terre mais aussi en mer

Tout territorial qu'il se nomme, le projet pour relocaliser la production et la consommation d'une alimentation de qualité n'oublie en rien l'aspect maritime du sujet. Poissons, crustacés et coquillages sont ici des productions locales et la pêche et les cultures marines sont bien sûr associées. Le travail mené sur la restauration scolaire prendra ainsi en compte les produits de la mer, aux côtés des légumes, légumineuses, produits laitiers et viandes.